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  • Marion Loopulus

L'Inde par 8 - Etape 2: Le Centre OSHO

Dernière mise à jour : 24 sept.

Octobre 2018 - Pune . “Tu es à la fois grande, et petite”



Lors de mes débuts sur le chemin spirituel, j’ai passé beaucoup de temps à faire des tirages de cartes, et c’est le tarot d’Osho qui s’est retrouvé entre mes mains. Suite à des tirages intuitifs réalisés par une amie, j’ai décidé de me procurer mon propre tarot.

Après avoir été imprégnée par sa philosophie et avoir lu un livre d’Osho, j’ai été tout de suite séduite par ce maître qui visait à réconcilier l’humain et le divin, la matière et le subtil.

Et chose intrigante, je suis née le même jour que lui!


Je me suis donc rendue à Pune, pour passer une journée dans son Centre.

Il ne s’agit pas d’un ashram, Osho à préférer l’appeler “Centre” afin de ne pas faire référence à la notion de “travail” spirituel.


Je logeais en Couchsurfing, chez un couple d’indien fort sympathiques, très contents que je parle en anglais à leur fils.

Les enfants sont si intuitifs… ce jeune garçon, du haut de ses 5 ans, m’a demandé un soir “What is your dream…?”. je lisais justement “L’alchimiste” Paulo Coelho à ce moment-là, me demandant chaque jour “Quel est mon rêve?”. Cet enfant m’a renvoyé ce questionnement, mettant tout l’accent sur son importance.


L’arrivée dans le Centre n’est pas forcément facile quand on y vient pour la première fois. J’ai été assaillie de règles, et surtout, par le prix à débourser!

Je n’ai plus le prix en tête, mais vu mon budget, je n’ai pas pu y passer plus d’une journée.

Il y avait également des robes à acheter, une robe rouge pour la journée, et une robe blanche pour le soir.

Il était important pour Osho qu’il y ait une harmonie visuelle sur le lieu, afin de reposer l’esprit, et ne pas être attiré par trop de distractions.

Le journée, la robe est rouge terre. Le soir, blanche.


J’ai loué une robe rouge, et j’étais bien décidée à trouver quelqu’un qui pourrait me prêter une robe blanche pour la cérémonie du soir.

Le lieu était… d’une splendeur incomparable! Je n’avais jamais vu un aussi beau lieu.

Tous les bâtiments étaient noirs, rectilignes. La végétation luxuriante, les bassins d'eau, étaient tout en rondeur. Le contraste entre les deux étaient incroyablement harmonieux. Osho a voulu recréer le Yin et le Yang. Même le bruit de l'écoulement de l’eau a été étudié pour créer un équilibre sonore.

Quelques paons paradaient. On s’y sentait en paix.


Un temps d’accueil était prévu pour les nouveaux arrivants, on m’a expliqué surtout comment se déroulait la cérémonie du soir, afin que chacun y comprenne les codes.

Si on devait tousser, il fallait sortir. "Lorsque la vidéo d’Osho passe avec ses blagues, même si vous ne comprenez pas, riez!”

A la sortie de cet introduction, on m’a proposé une soirée tantra se déroulant dans le noir… j’ai décliné poliment, j’avais déjà eu ma dose d’émotions fortes pour la journée, je vais vous expliquer pourquoi.


Le matin de mon arrivée, j’ai choisi de participer à une méditation Vipassana, la fameuse méthode bouddhiste, aussi plébiscitée par Osho.

Le centre de méditation se trouve, encore une fois, dans un lieu splendide, très étonnant.

Après avoir passé le portique de sécurité, et laissé son portable à l’entrée, on entre dans un lieu conçu à l’image du “Zen” dans toute sa dimension originelle: il n’y a rien à voir! Les murs sont légèrement transparents, ils laissent passer la lumière du soleil. Le sommet du temple est en forme de triangle, et c'est tout! Ni dieu indien, ni lotus… ce qui contraste énormément avec les temples hindouistes, si chargés en formes et en couleurs.


L’idée recherchée est que les yeux ne peuvent s’accrocher à rien du tout, et c’est réussi.


Je commençais à travailler mon ressenti énergétique à l’époque, mais je n’étais pas beaucoup ancrée. J’ai été saisie par l’énergie que dégageait le lieu, intense.

Je commence la méditation Vipassana, menée par une femme qui nous énonçait la méthode. Des pensées surgissent: j’avais en tête toutes les règles à respecter sur le lieu, qui m'amenaient du stress et appuyait sur des parts de moi encore non guéries.

J’essaye de les accueillir dans la méditation, je m'endors… et là je me fais réveiller par notre guide qui me fait une petite tape sur la tête avec une règle. Je sursaute. Réveil efficace!

J’étais dans une plénitude en fin de méditation, je planais, j’étais joyeuse.


En sortant de la méditation, cette joie en moi, naturelle, sans cause ni conséquence, me transportait. Mêlée à la beauté du lieu, je ressentais l’envie de danser.

Je traverse le Centre, et je me retrouve devant un atelier… de danse!

Sur le parvis où Osho, du temps de son vivant, venait méditer ou donner des enseignements, des personnes dansaient, avec un DJ qui passait de la musique plutôt actuelle. Chacun dansait exactement comme il en avait envie, façon “Extatic dance”.

A première vue, de mon point de vue d’occidentale, voir toutes ces personnes en robe de la même couleur danser avec un grand sourire sur le visage, j’ai trouvé que cela ressemblait à une secte!

Je passe au-dessus du jugement et décide de les rejoindre, pour y passer un délicieux moment de partage, de célébration de ma joie naturelle, qui pouvait prendre toute sa place en moi.

Le midi, je fais connaissance avec James, un américain qui habitait à l’Ashram.


Je me rend à la méditation “Kundalini” l’après-midi, qui fût une épreuve.

Ohso est connu pour ses méditations actives. Il s’agit d’entrer dans le mouvement, de faire participer le corps de manière active, pour libérer ce qui doit l’être.


La méditation Kundalini a eu sur moi un effet redoutable.

Elle se passe en plusieurs étapes. On se laisse emporter dans une “secousse” naturelle, portée par un son répétitif, puis on danse, on se laisser tomber sur le sol, puis on se laisse porter dans ses ressentis.


Au moment de la secousse, j’étais complètement “dedans”, mon mental à lâcher assez vite, j’étais en osmose avec ces sensations de secousses, j’étais en transe.

Au moment de la danse, j’étais complètement dévouée au mouvement qui se jouait en moi.

Et lorsque nous nous sommes allongés sur le sol, le déploiement d’énergie fut tel que j’ai senti que j'étais comme une fusée au décollage, une énergie est montée de bas en haut, et arrivée au crâne, j’ai pris conscience que j’allais sortir de mon corps.


J’ai instinctivement produit une décharge d’adrénaline pour rester en moi. J’avais les mains moites, des palpitations.

Ca y est, la crise d'angoisse était là, la peur avait été trop intense. Je ne connaissais que trop bien ces crises d'angoisse. J’ai accueilli en me rassurant le plus possible.

A la fin de la méditation, je suis allée voir la guide pour lui faire part de mon expérience et trouver du réconfort. J’ai certainement dû mal expliquer ce qu’il m’arrivait dans mon anglais un peu basique. Elle répondu vaguement “Yes, you have to do it again”. Comme si j’avais en quelque sorte mal réussi un exercice. Elle était complètement à côté de ce dont j’avais besoin à ce moment-là.

En écrivant ces lignes, je me rends compte que j’ai fini par suivre son conseil… presque un an après. Pour me réconcilier avec cette méditation, je l’ai réalisée chez moi, en trouvant une méditation guidée sur internet. La nuit d’après, j’ai fait des rêves intenses, liés à cet état de transe .


Je suis donc partie trouver du réconfort à la cantine, car je savais que le contact avec la nourriture me faisait “redescendre”.

Je commençais à m’apaiser, mais j’étais fébrile. J’hésitais à me rendre à la cérémonie du soir. James, l’américain, réussit à me convaincre, en me disant qu’il ne se lassait jamais de ces moments, qui avaient lieu chaque soir, même après avoir passé plusieurs années dans ce centre.

Il me prête une robe blanche, je lui laisse le livre “Courage “ d’Osho, écrit en français, que j'avais fini de lire afin d'alléger mon sac à dos (!).


La cérémonie fût un beau moment de danse, de rire, d’éclat, de conscience, d’extase.

Osho est définitivement un anticonformiste, une révolution à son époque. Aujourd’hui encore, il m’inspire et me guide.

En méditation le lendemain, je tentais de trouver un enseignement dans ce que j’avais vécu.

J’ai reçu, “Tu es à la fois grande, et petite”. Ça a été une belle leçon pour ne jamais oublier d’intégrer mon humanité dans mon chemin spirituel. Ne pas être tentée par le trop grand, trop vite. Prendre en compte mes peurs, mes faiblesses, tout cela à la fois.


Cette expérience a été la journée la plus contrastée de ma vie. Je suis passée, en l’espace de quelques heures, de l’extase à la terreur.

Quoi de plus cohérent avec un enseignant du Zen, du Yin et du Yang, celui à l'origine de la phrase” Devient Zorba le Bouddha". Zorba, le dieu grec épicurien, Boudha, l’Etre réalisé.



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