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L'Inde par 8 - Etape 7, Amristar - La purge


La faille crée la purge






Amritsar a été l’étape la plus difficile de mon voyage. En écrivant ses lignes, je me rends compte qu’en partant là bas, je ne m’étais pas profondément écoutée. J’ai donc créé des failles, et je me suis rendue plus vulnérable.


Parfois, il faut se rendre vulnérable pour laisser entrer la lumière, c’est la leçon que j’ai retenue, et que j’ai comprise plusieurs mois après.


Je me suis rendue à Amsristar en janvier 2019, juste après ma formation de Teacher Traning à Varkala. Passer un mois à Varkala, entourée d’autres personnes, dans un groupe, m’avais posé et m’avait sécurisé. Quitter cette dynamique en partant toute seule à Amritsar, ça n’était pas tout a fait aligné avec moi. C’est ma tête qui voulait voyager, mais mon coeur et mon corps ressentaient déjà les premières fatigues de ce long voyage, et les enseignements que j’avais reçu avaient besoin d’être intégrés.


Je suis donc passée à travers une série d’aventures désagréables, qui font aussi partie des voyages.


Le Temple d'Or


Amristar est le fief des sikhs, ces indiens religieux qui portent le turban et un couteau à la taille. Le sikhisme est une religion entre l’hindouisme, et l’Islam. Ils ont donc leurs propres temples.

Je trouvais ces hommes en turban très classes et élégants.

La visite la plus grandiose à faire à Amristar est le Golden Temple, le temple d’or.


Absolument époustouflant, on y trouve une grande cour avec des bassins, un temple d’or au centre de l’eau. Le Golden Temple est réputé pour son accueil. Il serait possible d’y venir à n’importe quel jour, on reçoit le gîte et le couvert.

De la nourriture et de l’eau y sont distribuées chaque jour.





Je m'y suis rendue à deux reprises. Une première fois en journée, une deuxième fois tôt le matin afin d’y baigner dans l’ambiance matinale particulière des prières du matin.


Lors de ma visite matinale au temple d’or, je mange un gâteau qui était distribué à tous les passants. Grave erreur… Je suis tombée aussitôt malade, j’ai passé deux jours allongée dans mon lit à l’hostel dans le dortoir, avec de la fièvre, à faire des allers retours aux toilettes.


Viens dans mon ashram!


Pendant mon séjour, j’était en contact avec une femme indienne, Uma, rencontrée lors d’un autre voyage en Pologne. Elle connaissait du monde à Amristar et me proposait de me mettre en contact avec ses amis qui vivaient dans un Ashram. Le guru de cet Ashram était un grand sage paraît- il….


J’avais normalement un rendez-vous avec les amis d’Uma, pour me rendre dans ce fameux ashram. Je lui envoie un message pour annuler en m’excusant, car j'étais malade et incapable de me lever.


Uma me dit de venir quand même, qu’il s’occuperont bien de moi à l’ashram. Mais je n’avais aucune envie de me déplacer et de me retrouver avec des inconnus. Je me sentais vulnérable, j’avais peur, je craignais de me retrouver dans un hôpital en Inde, ayant vu une fois à quoi ressemblait les hôpitaux là-bas…


Elle insiste, nous échangeons plusieurs messages.


A l’étage, c’était l’accueil de l’hostel tenu par un Sikh très sympathique. Je l’entend en conversation avec une femme, ils parlent de moi. Apparemment cette femme était venue me chercher pour aller à l'ashram, malgré mon annulation.

Je reçois un message d’Uma, qui me reproche de ne pas honorer le rendez-vous, alors que son amie s'était déplacée pour venir me chercher et m’amener à l’ashram.


En haut, j’entends le ton monter… Le monsieur de l’accueil descend me voir.

“M’am, someone wants to see you”. Je lui explique fermement que je suis malade et que je ne compte absolument pas monter pour aller voir cette femme.


Il comprend et remonte. Le ton continue à monter, j’entend que la femme sort de nouveaux arguments.


Le monsieur de l’accueil descend une seconde fois: “M’am, she insist”...


Sick sikh


Je réponds “No, I’m sick” encore plus fermement. Il n’insiste pas, elle finit par partir.


Je sens la peur d’avoir senti un danger et une manipulation de la part de ces personnes. J’envoie balader définitivement Uma par message, qui finit par s’excuser: “Sorry, I overcared”. Bullshit.


Je finis par me remettre sur pied deux jours plus tard. A l’accueil de l’auberge, je demande à “monsieur Sikh” de me cuisiner du riz sans rien, sans légumes, car mon estomac ne pouvait rien supporter d’autre.

Il faut savoir qu’en Inde, quand on demande quelque chose, tout le monde nous répond “yes” avec ce fameux hochement de tête, mais vous n’êtes jamais sûrs de recevoir ce que vous avez demandé. J’avais donc appris à être très flexible, et à tout prendre à la rigolade.


Mais après deux jours passés avec de la fièvre et ce rendez-vous nauséabond, mon humour était passé dans mes chaussettes. On m’apporte donc du riz avec.. de la tomate! J’explique que je ne pouvais pas manger cela, et cela commençait à m’énerver.


Je leur dit donc fermement: “I’m sick, I’m really sick, do you understand, sick???


Et là je regarde ces deux hommes au turban, deux sikhs, me répondre “Yes m’am”, le regard un peu hagard.





J’étais donc sick chez les sikh, cette prise de conscience du lien entre les deux a traversé mon esprit comme un éclat de vérité, mais aussi comme une situation drôle et absurde. Il y avait quelque chose à comprendre là-dedans. Peut-être avais-je besoin d'être vraiment vraiment sick sikh?


Le soir même, “monsieur Sikh” me demande “Qui était cette personne madame?”


Je lui explique la situation, que je devais aller visiter un ashram avec elle, dans telle rue d’Amristar. Il me dit “Mais il n’y a pas d’ashram là bas”! Je blêmis.


Enfin, je finis par lui demander comment il avait trouvé cette personne qui était venue me chercher. Il m'a répondu “Trop intelligente”. Il s’était senti manipulé. Je le remercie d’avoir tenu tête.


J’étais choquée, je me suis demandé ce qu’il m’attendait dans ce lieu, qui était supposément un ashram. Probablement des personnes malveillantes m’attendaient.


C’est ma maladie qui m’a sauvé de ce rendez-vous. Je n’avais pas besoin de cette expérience désagréable, apparemment, l’intoxication a suffi!


S’écouter profondément, toujours. Etre vigilant sur l’égo du voyageur. Remercier toutes les expériences. La faille qui a été crée à ce moment m'a suivie durant des mois, pour accompagner une grande purge de mon être. La vie commençait à me mettre à Terre pour devenir, encore plus, petite. Assez petite, pour pouvoir entrer dans le Grand Royaume.


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