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  • Marion Loopulus

L'Inde par 8 - Etape 4: Amritapuri - L’Ashram d’Amma

Dernière mise à jour : 11 oct.

“ Retrouve la mère divine en toi”





J'ai pris l’avion pour aller dans le Kerala depuis Goa.


On m’avait dissuadé d’aller dans cet Ashram. Trop grand ( 2000 personnes y vivent à l’année), trop mercantile…

Mais je décidais d'en juger par moi même, j’étais appelée par Amma. Je sentais qu’elle avait des choses à m’enseigner.


Arrivée sur place, je fus tout de suite happée par l’énergie, je m’y sentais comme chez moi, malgré la foule.


Après deux semaines passées dans une auberge à Goa, en dortoir, sans intimité et dans une chaleur étouffante, quelle joie d’avoir ma propre chambre, au sommet d’une des tours de l’ashram, avec une vue… époustouflante!

A ma gauche, la mer. A ma droite, les backwaters, un réseau de rivière du Kerala.

Les oiseaux chantaient à tue-tête, j’étais “à la maison”.


C’est ici que j'ai rencontré Angela, une portugaise de 60 ans, qui est devenue ma compagne de route pour la suite de mon voyage.


J’ai vite sympathisé avec un petit groupe d'occidentaux: un mexicaine, une brésilienne et une française. Nous nous retrouvions tous les jours à la “Western cantine”, où nous pouvions y manger de délicieux plats, des frites, des gâteaux, des chaï…


Cet endroit n’est absolument pas mercantile: on peut y dormir et y manger pour 5€ par jour, imbattable!

Ma chambre solo coûtait 10€ par jour.


Je me suis prêtée au jeu du “Seva”, je participais à la vie de l’ashram au quotidien. C’est un des piliers de l’enseignement d’Amma: être au service.


Ainsi, j’ai fait la vaisselle, et j’ai nettoyé des emballages de lait concentré qui sentaient très mauvais au bord de la plage. C’était des pratiques spirituelles à part entière.


L’emploi du temps à l’ashram est complètement libre. Rien n’est obligatoire.


Mais par-dessus tout, ma grande révélation en Inde, et à l’ashram, furent les Bhajans!


Tous les soirs, un temps était consacré aux chants dévotionnels. Des musiciens étaient présents, et nous chantions tous ensemble, devant des photos d’Amma.

Une atmosphère incomparable. Ce jour-là, j’ai contacté quelque chose de très important en moi. Je retrouvais une joie pure de l’enfance: celle de chanter ma joie, ma quête du divin. Cela pouvait enfin trouver une forme d’expression, être dirigé vers quelque chose.

Les Bhajans sont des chants dévotionnels aux dieux hindous.

Amma est donc complètement inscrite dans une tradition hindouiste.


Je rencontrais Jonathan, un californien complètement déjanté. Il dénotait des autres. Il avait de l'humour, il fallait sans cesse deviner le faux et le vrai dans ses affirmations. Ceci contrastait avec l’ambiance plutôt “sérieuse” de l’ashram. Jonathan était complètement lui-même, il ne cherchait pas à rentrer dans le rôle du parfait dévot qui pèse sa moindre parole. Avec lui, les conversations étaient à la fois fluides, intenses et légères.


Il était complètement transis d’Amma, et je trouvais cela beau.


Notre petit groupe se décida pour aller faire du yoga tout en haut d’un toit de l’ashram.

Un moment magique, hors du temps, avec les vues sur l’océan, les backwaters, les chants des oiseaux…





Amma ne rendait pas indifférent. Elle est un Sadhguru, un Avatar du divin sur terre.

Cette vérité ( qui n’est que la mienne) allait se révéler sous mes yeux lorsque je la rencontrais.


Je souhaitais plus que tout recevoir le darshan, la fameuse étreinte. Mais ironie du sort, elle ne se trouvait pas dans l’Ashram à ce moment-là, elle était à Châlons-en-champagne en France, dans ma région d’origine!


Je décidais donc de retourner plus tard à l’Ashram, au moment où elle y serait présente.


Quand je suis revenue plus tard à l’Ashram pour recevoir la fameuse étreinte, je savais que rien n’était certain. Amma pouvait changer d’emploi du temps au dernier moment à l’Ashram. De plus elle revenait de sa tournée européenne, aurait-elle envie de donner à nouveau sa fameuse étreinte?

Mais Amma est infatigable. On m’annonce qu’un Darshan était bien prévu le lendemain de mon arrivée. Oh joie! Je me rend dans le temple où la rencontre est annoncée. Il y avait environ 400 personnes, ce qui est vraiment un petit comité pour Amma. C’est l’avantage d’aller la rencontrer chez elle. L’ashram a été construit là où elle a vécu, dans son village du Kerala.


L’attente est longue. Amma finit par arriver au bout de deux heures. A son arrivée, l’énergie de la pièce change, la vibration augmente d’un coup. Elle commence par diriger une méditation.

Puis vient le moment du Darshan. J’attends mon tour. Plus je m’approche d’elle, plus je sens une angoisse monter. L’égo a peur d’être démasqué. Quelque chose en moi cherche à être vu. Mais finalement peut-être cela fait-il trop peur, que l’on me voit vraiment. Et si elle voyait tout?


J’ai les mains moites, l'atmosphère est très particulière. On se croirait hors du temps. Dans un temple plein de ferveur, d’amour et de paix. Je la regardais, fascinée. J’ai compris, à ce moment-là, que le divin existait vraiment. Ce jour-là, ma foi s'est renforcée comme jamais. J’étais au début de mon chemin, j’avais encore besoin de preuves. Amma me l’a donné.


Arrive mon tour, il y a au moins 10 personnes autour d’elle pour orchestrer les étreintes. Une personne m’essuie le front, une autre me pousse dans ses bras. je reçois l’étreinte, je la sens petite, et je me sens à la fois enveloppée d’un amour inconditionnel, et à la fois, dans un vide total, un néant.


Lorsque l’on m’éloigne d’elle pour finir l’étreinte, je le vis comme un arrachement. Je me met à pleurer, sans pouvoir m’arrêter, j’ai la tête qui tourne. Je me dirige dans la foule, des femmes en blanc m’enlacent et me convient pour venir m’assoir avec elle. Elles avaient l’habitude de voir les gens pleurer au darshan. Je me laisse aller à l’émotion. Je revivais la séparation originelle. Ce qui donne l’illusion d’être séparé de la Source, de Soi même. J’ai compris après, que mon âme garde un souvenir très fort d’espaces où tout est amour, et les quitter a été une déchirure.


Le soir même, je la retrouvais sur scène, à l’Ashram, pour mon moment préféré: les Bhajans. Je regardais cette source intarissable d’amour, incarnée, sur Terre, devant moi, chanter pour nous. C’était beau, divin.


Amma m’avait montré comment m’enlacer, et devenir ma propre mère.

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